Remerciements à S. Mareschal pour toutes ces informations sur le relais et son fonctionnement
Pour comprendre ce qu’est la poste aux Chevaux, il faut remonter à son origine.
C’est Louis XI qui avait la plume aisée et aimait envoyer des missives à ses voisins qui fut à l’origine de sa création. L’Edit Doulens lui confère ses lettres de noblesse et c’est dans ces termes que lui donne la vie « Les Maistres tenant chevaux courans au Roy [..] la volonté et le plaisir du Roy est que dès à présent et dorénavant, ils sont mis et établis spécialement sur les grands chemins de son royaume de quatre en quatre lieues personnes séables et qui feront serment de bien et loyalement servir le Roy pour tenir et entretenir quatre à cinq chevaux de légère taille, bien enharnachés et propre à courir le galop durant le chemin de leur traite, lequel nombre se pourra augmenter si il est besoin ».
Bien que ce mode de communication soit d’usage exclusif au Roy, elle fut peu à peu utilisée par les particuliers.
Le maître de Poste était donc nommé par le Roy, rappelé par l’Edit du 2 Mars 1710 de Louis XIV, conférant ainsi un statut quasi nobiliaire accompagné de différents privilèges d’exemption :
- Taille pour une possession inférieur à 60 arpents de terre
- De la milice pour l’aîné de leur fils et de leur premier postillon
- De logement de gens de guerre
- De la contribution pour les frais de guet etc…
Ces avantages non négligeables cristallisaient la hargne de ceux soumis à l’impôt.
Les cahiers de doléances établis sous la révolution françaises ne font que reprendre cette rancune à l’égard de ces privilèges et demande à ce qu’ils soient anéantis et que la permission d’exercer soit mis à l’enchère.
La Révolution Française y fit droit mais à la suite d’une requête déposée auprès du Président et des députés, le privilège fut restauré.
Qui était le Maître de Poste
Il s’agissait la plupart du temps de riche propriétaire terriens détenant pour certains d’auberge.
Le Maître de Poste vêtu d’uniforme depuis 1786 ayant pour rôle d’assurer la location de chevaux à courrier et aux voyageurs qu’il exerçait en vertu d’un brevet.
Ce brevet n’était pas négociable, sauf exception et à fort prix, il se transmettait donc de père en fils et parfois à sa veuve.
Ce qui arriva au relais de Wavignies.
En effet à travers le vieux registre, feuilles pliées en deux marquées sur quelques pages d’une trace d’huile provenant vieille lampe, nous pouvons lire l’histoire du fonctionnement de ce relais accompagnée d’anecdotes.
La première qui est intéressante est de découvrir que Wavignies s’écrivait au départ Wavigny.
Ensuite comme indiqué plus haut, il arrivait que le Maître de Poste décède, les enfants étant trop jeunes, c’était à la veuve de reprendre la charge et de devenir propriétaire du brevet.
Elle devait donc assurer l’entretien et laisser à disposition le registre pour noter les plaintes.
En effet l’administration se devait d’inspecter régulièrement les relais, de prendre en compte les plaintes (sans pour autant poursuivre !) et annoter toute modification.
En dehors de cette lourde charge, étant une femme, elle devait aussi se faire respecter des postillons cavaliers émérites et aux caractères indépendants.
Ainsi on peut lire que lors d’un transport de voyageurs, l’un des postillons s’était endormi sur la route.
L’un des enfants de Maître de poste est parti à sa recherche et a fait en sorte que le transport arrive à bon port.
Le postillon lui fut renvoyé.
Cette modification de personnel était indiquée sur le registre.
Les postillons étaient référencés par ordre d’ancienneté et en cas de changement.
Ils disposaient de certains devoirs notamment de porter l’uniforme du postillon mais aussi d’être muni de la plaque de l’Ecusson royal ou impérial dont le Maître de poste avait la responsabilité.
Eux seuls avait le droit de conduire les chevaux de poste leur conférant bons nombres d’avantages notamment un statut particulier, indemnité en cas de maladie etc.., pension de retraite, attaché au service public ils échappaient à la conscription.
La dernière page jaunie du registre ferme l’étude de ce métier disparu usité dans nos villes et nos campagnes mode de communication d’un autre temps.